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1. Ce sujet me pose des questions.
-
Logiquement, si nous sommes chrétiens nous devrions aimer le monde
et le développer c. à.d accumuler des capitaux productifs.
Mais en mème temps, nous devrions aussi cultiver l'idéal
de pauvreté.
-
Et puis comment développer le monde : en nous limitant aux communautés
- qui représentent pour nous tout naturellement un idéal
- ou en utilisant les marchés, que nous n'aimons pas mais qui sont
là.
2. Ce soir je voudrais lever ces ambiguités et vous montrer
que
- L'idéal chrétien de pauvreté ne s'oppose pas à
l'acquisition de richesses mais est une condition de progrès économique
et d'enrichissement.
- Le marché et la société constituent une expression
du message du Christ.
- Le marché est chrétien car il est l'image-reflet de la
relation Trinitaire.
- La 'gemeinschaft' que nous aimons tant n'est que relinquat de la sagesse
préchrétienne, respectable mais pas particulièrement
chrétien alors que
- Le marché est une des innovations fondamentales du nouveau testament
3. Les conclusions pratiques seront les suivantes :
a)
L'absence d'une théologie de l'économique est la cause profonde
de la déchristianisation : Nous avons vendu sous prétexte
de foi chrétienne un produit avarié- et grace à Dieu,
les clients se sont enfouis de nos églises.
b)
la foi trinitaire conduit au libéralisme et au fédéralisme.
Le monodéisme des Lumières est la source du nationalisme,
du centralisme et au totalitarisme capitaliste ou socialiste.
4. Explorons donc ce soir les structures élémentaires
d'une théologie de l'Économique et du marché.
Je
vais procéder en 3 étapes :
I
En premier lieu des clarifications conceptuelles généralment
admises pour mettre à nue les oppositions de fond : Qu'est ce l'Economie
et la science économique?
II
Ensuite je développe ma thèse en deux temps :
- La théorie économique fondamentale enseignée dans
toutes les universités du monde globalisé belle et utile
est incohérente au regard de ses propres principes.
- Seul le Message du Christ est capable de restaurer la cohérence
à la théorie économique.
III
D'où la conclusion, le Christ sauveur de la croissance, de l'enrichissement
et du bien être. Sans le Christ pas d'efficacité économique
et pas de productivité.
5. Encore deux remarques introductives avant de commencer :
- Je ne prononce jamais le mot de justice sociale - car ce n est pas mon
sujet.
La justice sociale est importante en soi, mais c'est un autre sujet comme
l'est l'équilibre psychologique des acteurs économiques.
Mais la théologie de l'économique c'est la théologie
de l'économique et non du psychologique ou de l'esthétique
ou theologie de la justice.
- Une remarque de méthode :
Dans la pratique, bien sur, il faut faire attention à tout. Mais
pour celà il faut ne pas mélanger tout. Je veux mettre en
relief une relation fondamentale entre la nature de nos conceptions de
Dieu et la nature des nos conceptions économiques.
Je ne veux pas expliquer tout.
Je
vous invite donc à une réflexion abstraite : je ne parlerai
pas de commerce, la finance, l'administraiton des affaires, le syndicalisme
et de tiers et de quart monde mais d'économie. Qu'est à
dire?
I. Qu'est l'économique?
A Quelle est la problématique économique.
1.
La rareté
Mais nous sommes tous des économistes quand nous constatons que
nous vivons dans la rareté. Nous n'avons jamais assez de biens
et de temps.
Nous sommes limités et nous devons donc choisir.
La
problématique de la rareté et la nécessité
du choix : voilà la problématique que donne science économique
doit résoudre.
Voilà donc le fondement de l'économique en tant économique.
2.
Autre concept : la Rationalité :
Etre rationnel c'est acquérir ou consommer ce que l'on préfère
plutot que ce qu'on veut moins
Être Irrationnel, c'est prendre ce que l'on veut moins.
On veut tout, mais on ne peut pas avoir tout: Nous sommes limités
nous sommes rationnel si nous choississons ce que aimons le plus.
3.
La valeur.
Puisque nous sommes rationnels, libres, si nous préférons
ce que nous aimons plus à ce que nous aimons moins, notre absolu
c'est la préférence relative,
Puisque nous sommes limités par la rareté Le seul absolu,
c'est le choix rationnel entre des préférences relatives.
Pauvre
moralistes, pauvres intellectuels , ils sont perdus dans ce monde régoureux..
B.
La science économique,
La
lutte rationnelle contre la rareté, se batit sur trois pierres.
La
première pierre de la construction économique c'est Robinson
Crusoe. Chacun de nous est jeté sur l'ile de ce monde - ins Leben
hineingeworfen dirait Heidegger -
Nous devons nous débrouiller, c a d nous devons rationellement
maximiser nos biens et la satisfaction de nos désirs et minimiser
la rareté à laquelle nous sommes assujéti.
Au
cur de la rationalité économique, la liberté
créatrice, la volonté de se gérer, de se prendre
en main, de décider. L'individu actif et volontaire. La foi en
la capacité personnelle de choisir et de faire. La responsabilité
personnelle.
Pour
bien comprendre la profondeur de la problématique économique
examinons la pensée antiéconomique sur ce point :
- D'abord la caricature du bouddhiste et de l'écolo : je ne dois
pas avoir de désir. Je ne dois désirer rien, je ne dois
rien faire et rien vouloir.
Il n y donc pas de problématique économique. Je me retire
au désert avec les anachorètes et St ANTOINE. Des hordes
de chrétiens ont vécu dans l'hérésie que l'idéal
de Antoine était la norme pour tous. Les autres laiques étaient
pas des 'parfaits'. Il s'agit là évidemment d'une déviation
gnostique et idéaliste - dans le mauvais sens du mot - mais elle
a la vie dure
.
- Ensuite 'ataraxique de l'antiquité, le stoicisme et le fatalisme:
Ils disent tous que Robinson Crusoé a tort de faire des effort
et de travailler.
--L'idéal est de ne rien faire, ou de faire le minimum.
-- D'ailleurs ca ne sert à rien, tout est écrit, mektoub.
Le fatum. La science et les mécanisme sociaux déterminent
tout. Reposez vous.
-- Et puis ceux qui travaillent sans arrêt devraient aller chez
le psy pour comprendre qu'il sont compulsifs
.
Les passages dans le nouveau testament sont légions qui nous disent
que le maitre du domaine attends le rendement des talents ou de la moisson
sur la bonne terre (100% svp pas moins...)
Enfin
une remarque au passage: la rationalité économique n'est
pas la rationalité technocratique.
L'Agent rationnel choisit entre loisirs et travail, entre sa famille et
profession, entre temps de prière et sport, etc
Il sait qu'il
faut investir dans la capacité de bien choisir.
Conclusion :
Notre première pierre de la science économique,
notre petit modèle protestant anglo-saxon de Robinson Crusoé
est bien chrétien.
Ne rien vouloir et ne rien entreprendre c'est pas bon et c'est pas chrétien
:
Schaffa, schaffa Hisla boia
.
La
deuxième pierre de la théorie économique, nous permet
de comprendre encore mieux la nature de la pensée économique.
Le modèle individualiste de Robinson Crusoé ça va
encore. La rationalité individuelle est encore acceptable aux traditionalistes
et aux chrétiens.
Mais le commerce et l'argent c'est autre chose, le commerce c'est le vol.
Pendant des siècles l'humanité toute entière et ses
sagesses ont mastiqué le problème du commerce et de l'échange
- et les intellectuels à la mode n'ont tjs pas compris
.
C'est
en 1776 que Adam Smith a compris le lien entre la problématique
économique fondamentale de la rareté et de la rationalité
(robinson crusoéenne) et le commerce :
L'échange
de biens et service entre humains - le marché - est un aspect essentiel
de la lutte contre la rareté.
- d'une part, J'ai plus (de satifaction) si je peux échanger ce
que j'aime moins pour ce que j'aime plus et mon cocontractant lui aussi
a plus s'il échange ce qu'il aime moins pour ce qu'il aime plus.
Nous sommes tous différents. Et comme nous ne sommes pas tous le
mêmes Nous gagnons tous les deux à l'échange
et surtout Ensemble NOUS avons plus de bien (et satisfactions) avec les
même moyens limités et rares dont nous disposons.
-
D autre part, si je me concentre sur ce que je fais le mieux, je produis
plus et donc je peux échanger ce surplus pour le surplus produit
par l autre spécialisé.
Échange
et spécialisation sont les deux éléments essentiels
de la lutte contre la rareté. Le marché est le moyen qui
permet de les mettre en oeuvre.
N'oubliez pas :
* problématique économique : rareté, moyens limités,
faire plus avec la mème chose
· L'échange, le marché, est l'instrument incontournable
de la résolution du problème économique
Avec le marché ;les Robinson Crusoé ont n fois.
Voila
pourquoi Adam Smith est le pêre de l'Économiuqe :
Parcequ'il a établi le lien théorique entre marché
et économique.
Mais
avant d'aller plus loin, un point de méthode :
Une fois que Adam Smith a dit marché, échange et spécialisation
il a tout dit du point de vue théorique qui nous intéresse
ici pour l'examen du lien entre foi et économie.
Plus
besoin de parler d'échanges internationaux, de mondialisation :
C'est toujours la mème chose : Il s'agit toujours d'une spécialisation
sur ce qu on fait le mieux et qu'on échange.
Tout est contenu en principe dans la notion de marché. Acceptons
de penser l'essentiel abstrait et concentrons nous sur cet essentiel pour
en venir
à la Troisième pierre de l'édifice :
Adam Smith et les libéraux soutiennent que le marché est
supérieur au monopole.
Il faut clarifier ce point capital.
A
priori deux types de spécialisation sont en effet concevable :
- la spécialisation sur un marché et au sein d'une société
anonymes et ouverts.
- la spécialisation au sein d'une communauté fermée
et ordonnée, d'une gemeinschaft. Nous restons dans le cadre de
Robinson Crusoé.
Pour
bien marquer la différence de principe, les économistes
opposent le marché au modèle de production asiatique. Sous
le pharaon, qui fait construire les canaux et qui controle la distribution
d'eau, une specialisation et une production plus élevées
que sous le système de ceuillette primitive ont lieu. La lutte
contre la rareté est mieux organisée. Le pharaon, en vrai
énarque sait tout mieux et ses préfet sont animés
de la rationalité la plus cartésienne. Les fellah egyptien
n'ont qu'à executer et plus ils executent, plus le produit est
élevé et mieux conçu. En rationalité platonicienne
pure, toute erreur et toute mésallocation sont exclues. Et pour
beaucoup, ce modèle de despotisme éclairé demeure
le modèle de production sociale efficace et juste.
Le
marché, par contre est constitué d'ètres en principe
indépendants.
La deuxième intuition d'Adam Smith a été de voir
que le marché entre décideurs autonomes est supérieur
au modèle asiatique du despotisme éclairé qui faisait
fureur en son temps.
Ce sont les individus qui savent le mieux ce qui est bon pour eux et comment
ils doivent se débrouiller. Des que les individus sont individualisés
ils se décarcassent et prennent des initiatives. Les mercantis
sont toujours plus flexibles et entreprenants que les fonctionnaires du
roi.
Bien
sur, le marché est désordonné, il y a des cycles,
il y a des gachis quand les mercantis produisent par erreur plus que les
autres mercantis veulent acheter, mais cette desorganisation fait bouger
les individus, et leur apprend à connaitre la réalité.
Ils se débrouillent.
Sous les fonctionnaires, les rouages des mécanismes économiques
s'endorment.
Combiens d'ouvrages sur les r des m e avez vous vu révélateur
Les rouages n'ont d'ailleurs pas d'incitations à ne pas dormir
puisque les fonctionnaires leur apportent la soupe.
J'ai grossi le trait à dessin pour faire ressortir l'opposition
de principe entre marché et monopole. Je sais bien que les sociologues
et historiens ont décrit les 1001 formes des marchés et
des modèles asiatiques - et leur travail est éminemment
utile en pratique - mais la réflexion théorique doit se
concentrer les principes.
L'intuition fondamentale d'Adam Smith a donc été d'établir
un lien entre l'économique (la lutte contre la rareté) et
le marché, c.à d. l'échange libre entre égaux.
La notion de marché s'appuie essentiellement sur la notion d'échange
entre individus souverains et libres.
Pour notre propos de ce soir Le lien entre problématique économique
et marché est capital. Il soulève tous les problèmes
que la théologie n'a pas réussi à digérer..
Première Conclusion :
Adam Smith a établi une relation entre la lutte contre la rareté
et le mécanisme d'échange entre individus souverains et
libres. Le marché est l'instrument nécessaire, inéluctable,
de la réduction de la rareté ou de la productivité.
Le marché c'est la rationalité économique.
Soulignons
qu'il s'agit bien d'un constat de valeur et non pas seulement d'un jugement
de valeur. En dehors du marché, en dehors de l 'échange
pas de rationalité mais la misère de la rareté inutile.
Depuis
1776 Nous avons appris beaucoup sur les institutions mais La situation
analytique et théorique N'a pas changé fondamentalement.
Deuxième Conclusion :
Les chrétiens ont rechigné devant cette conclusion sans
vraiment dire pourquoi.
Ils se sont contentés de dire du mal du commerce et du marché
et mème de l'économique, mais ils ne se sont pas confrontés
à la problématique économique radicale d'Adam Smith.
Pourquoi? Ce serait le sujet d'une autre conférence. Je N,en dirai
qu'un mot
- d'une part les chrétiens catholiques, Anglicans et Luthériens
étaient lié aux structures sociales royalistes, absolutistes
et précapitalistes
- d'autre part les calvinistes puritains procapitalistes n'avaient pas
les outils théologiques suffisants pour se doter d'une théologie
de la création.
- Enfin les chrétiens ont hélas confondu pauvreté
évangélique et misère
- Mais c'est surtout c'est l'individualisme méthodologique qui
a fait problème du fait qu'on n'a pas su distinguer clairement
entre personnalisme et solipsisme. C'est ce qu'on va examiner maintenant.
Les chrétiens ont failli dans leur tache de témoigner de
l'évangile. C'est ça le drame de la modernité.
Je
viens de lâcher le mot de solipsism. Il est indispensable pour caractériser
ce que les économistes entendent par leur agent économique
individualiste et autocentré. Dans le milieu anglo saxon surtout
le terme 'individualiste' signifie le rebelle, celui qui pense différemment
des autres et agit avec indépendance. Le vieux terme de solipsism
est plus correcte : Je ne pense qu'a moi, je ne maximise que pour moi,
seul mon intéret compte. Le reste n'existe que pour moi.
Point
II Les incohérences de la théorie économique.
Je
viens de définir l'économique et le marché
Je viens de montrer que depuis 1776 nous savons que les deux sont liés.
L'humanité ne peut rationnellement surmonter la rareté (la
misère) en dehors du marché et de l'individualisme libéral.
Nous sommes confrontés à un constat de réalité
et de valeur redoutable.
Est
ce le dernier mot de la science? Ou y t il un problème avec cette
Science.
En
réponse à cette question
Je vais montrer
que La théorie économique contemporaine néoclassique
est excellente
mais qu elle est incohérente
et que le Christ vient lever cette contradiction..
Premier pas de la démonstration: La théorie économique
contemporaine néoclassique est excellente
L'objectif
de la théorie est de montrer que le bien commun de la production
la meilleure et la plus abondante possible est inévitablement atteint
par le comportement individuel autocentré. Le solipsisme le plus
radical conduit nécessairement au bien commun. L'individu alisme
mène au social -isme.
Ceci constitue l a et o de la théorie économique. Elle n'est
qu'une énorme formalisation et opérationalisation de ce
point central.
Vous connaissez la dynamique :
Plus les individus sont égoistes, plus ils achètent et vendent,
plus ils produisent et font baisser les prix via le marché et la
surproduction
Plus ils poursuivent rigoureusement leur intérêt personnel
plus ils s'évertuent à créer des nouveaux produits
qui plaisent aux acheteurs plus ils réalisent des profits.
Sans arrèt, ils triment pour leur gain égoiste, mais via
la concurrence ils font baisser les prix et ils améliorent la qualité,
au maximum.
Ils produisent donc le mieux et le plus, étant donné les
moyens collectivement disponibles.
Je vous prie de demeurer attentif à deux caractéristiques
de cette théorie.
a) la démonstration logique est très esthétique.
Il ne s'agit pas de moins que d'une démonstration rigoureuse de
la synthèse inéluctable entre bien commun et intérèt
solipsistique, entre société et individu.
b) La théorie est d'une grande utilité pragmatique. La conception
de base a donné lieu à un système opérationnel
utile pour la solution de nombreuses questions commerciales, financière
et sociales.
Oui ce ne sont pas des paroles en l'air, oui les hypothèses sont
vérifiées dans les faits,
de tous les jours et toutes les décennies.
La
théorie est très robuste Elle est belle. Elle est très
utile.
Et
ne dites pas qu'il ne s'agit que d'un bien commun économique -
car je vous renverrai au début de mon exposé - en vous demandant
de me dire comment vous pourriez mieux limiter les raretés. Par
le ST Antoine du désert ou par le monopole du pharaon? Et Dans
ces deux cas aussi, vous aurez à résoudre des problèmes
moraux et culturels.
La
Théorie économique contemporaine est solide, et fondamentalement
''éthique'. Elle repose sur un constat de valeur.
Pour la critiquer et la comprendre il faut creuser les hypothêses
sur laquelle elle repose.
C'est ce qu'on va faire maintenant.
Deuxième
pas : La théorie économique contemporaine néoclassique
est incohérente.
Rappelons
nous du fondement de l'individualisme méthodologique, du solipsisme.
Les acteurs humains sont autocentrés et égoistes. Ce qui
fait bouger ce monde c'est l' intérèt propre. Seul ce comportement
est rationnel.
Dans
ce cadre, la science économique conventionnelle montre que les
décideurs solipsistes réalisent le bien commun
* sur des marchés existants, dans des sociétés existantes,
en s'assujettissant à des règles bien établies*
Et
c'est bien là le hic : Car une autre partie de la théorie
économique, la théorie des Jeux, montre que ces agents se
révèlent incapables des mettre en place le marché
sur lequel ils obtiendraient les résultats de bien commun.
Les analyses montrent donc que les agents solipsistique s'avèrent
incapables de mettre en place des systèmes relations efficaces
dont ils ont besoin pour fonctionner.
Et les résultats de la theorie des jeux sont aussi solides que
ceux de la théorie conventionnelle.
La
théorie des jeux est formalise les résultats de la théorie
des oligopoles, des relations internationales (la fameuse realpolitik)
et du macciavelisme.
Revenons à la base, Les agents autocentrés ne recherchent
que leur intérêt propre, ils s'opposent les uns aux autres.
Chacun doit nécessairement viser à se subordonner l'autre
et à augmenter son intérêt au détriment de
celui d'autrui.
La
théorie des jeux montre bien qu'en l'absence de rêgles, le
commerce ressemble à une foire d'empoigne entre larrons, à
une guerre entre seigneur brigands. Et les historiens montrent comment
les marchés sont sortis progressivement des brigandage. Essentiellement
aux rois, dont l'intéret personnel consitait à imposer des
règles dont il profitait. (Les octrois et les droits de passage).
La
théorie des jeux montre en effet que les cocontractants individuels
ne peuvent logiquement créer les r`gles dont ils ont besoins parceque
cela leur revient trop cher:
Tous
se rendent compte qu'avec des règles il y aurait plus d'échange
et que tous y gagneraient. Mais il vaut encore mieux tricher que de perdre
ses énergies à créer des associations qui pourraient
règlementer la sécurité des contrats. Or la gestion
des association dépasse les moyens de chaque petit type.
De plus, dès que les règles existent, il est toujours avantageux
pour un vrai égoiste de tricher sous la table. Il faut donc payer
des inspecteurs, et des politiciens pour faire les lois.
Et les politiques, s'ils sont rationnels et donc égoistes, doivent
se faire leur beurre que de servir le bien commun.
La
théorie des jeux montre ainsi que pour chaque individu le cout
de production des règles est trop élevé. Le marché
est la démocratie sous produisent systématiqueemnt les public
goods dont ils ont besoin pour fonctionner. Seul le roi, le tyran, l'hégémon
international domine suffisamment le système pour profiter de son
amélioration et donc engager ces frais que suscitent sa règlementation.
C'est
l' aquit fondamental de la théorie des jeux.
La
théorie des jeux montre ainsi que le solipsisme ne peut pas conduire
à l'émergence du d'un marché efficace. Le marché
ou la démocratie, sous produisent systématiquement les public
goods, les structures sociétales, nécessaires à leur
fonctionnement.
Autrement
dit, le solipsisme qui pousse si esthétiquement la théorie
conventionelle au bien commun,
rend impossible la mise en place des institutions qui sont nécessaires
à la coordination efficace des stratégies solipsistes.
Deux séries de Conclusions :
I
première série.
1. La théorie l'individualisme méthodologique est donc incohérente.
Elle est incapable de se doter des conditions qu'elle postule pour fonctionner.
Les acteurs individualistes rationnels sont radicalement incapables de
mettre en place le système qui garantit la réduction des
raretés. Voire leur survie collective.
2.
L'individualisme méthodologique doit donc faire appel à
ce qui lui est extérieur et à ce qu'il combat pour se doter
des cadres dans lesquels il fonctionne
- la tradition historique et culturelle (La religion, la race, la nation)
le Stallgeruch indispensable à la cohésion sociale
- Le roi, l'hégémon, le chef providentiel (Le constituant
de Rousseau).
-
Pire, le fonctionnement des marchés et la modernisation ne cessent
d'éroder et de détruire le cadres précapitalistes
qui garantissement leur fonctionnment.
-
La situation intellectuelle de la Modernité et des Lumières
est donc extrèmement grave. Ils vivent de logique mais reposent
sur des contradictions.
- Plus grave encore pour nous en Europe, Notre civilization occidentale
a perdu ses fondements.
Notre jeunesse a raison de ne plus croire en ce rien.
Deuxième série de Conclusions
II
Que faire : Deux solutions sont préconisées :
a) retourner en arrière : renier la Modernité et la souveraineté
de l'individu et et retourner à des sociétés de tradition?
Les socialismes, de gauche et de droite, les totalitarismes corporatistes,
les philosophies asiatiques de repos,.
Mais Adam smith et l'exemple de l'union soviétique nous montrent
qu'a terme ce sera la misère du sous développement asiatique.
b) aller de l'avant : restaurer la modernité et sa scientificité
en montrant comment elle peut se doter des moyens de produire les institutions
et cultures nécessaires à son fonctionnement.
Actuellement
la rénovation de la modernité s'effectue sur deux niveaux:
- au niveau pratique c'est l'effort du communautarisme et notamment du
capitalisme rhénan j'ai beaucoup travaillé l'ordnungspolitik
et le capitalisme rhénan..
- au niveau théorique qui nous intéresse ici ils s'agit
de montrer que L'individualisme (ou le personalisme) contient en lui mème
les moyens de créer ses propres règles.
Ce
soir je me situe exclusivement au niveau théorique, des principes,
des fondements scientifiques du système de marché, du système
de marché qui l'expression formelle la plus avancée de la
modernité.
Arrivés a ce point faisons une pause avant d' escalader la dernière
montagne du massif, la plus haute, la plus escarpée.
Respirons un moment.
Toutes
ces réflexions ça sert à quoi? Est bien nécessaire?
= D'abord, nos marchés fonctionnent plutot bien. Les produits arrivent.
Nous vivons mieux que nos parents et que les autres sociétés
Ce n'est que l'Asie qui croule sous la corruption. Mais le G7, l'OCDE
et la Banque Mondiale sont en train de combattre la corruption et nos
multinationales seront assujeties à des règles qu'elles
imposeront à leur concurrents puisque c'est leur intérêt.
Il
y a des problèmes écologiques mais après qq élections
américaines ou signera kyoto.
Donc contrairemnt à la théorie des jeux, nous sommes en
pratique capables de créer les public goods
les bien publics sociétaux dont le fonctionnment des marchés
a besoin.
Et les réformes sociales et morales, ne sont qu'un aspect de ces
public goods.
.
Donc, on peut faire confiance à l'Occident. Il va étendre
le système de marché régulé qui a fait ses
preuves, il va le réformer, le sozialmarktwirtschaftlicher, le
communautariser. Le ordnungspolitiser.
C'est la thèse officielle, formulée par le Grand Fukuyama
dans son livre THE GREAT DISRUPTION Il soutient qu'A l'époque des
années 68 de changement et de doute succéde une époque
reconstructioniste...
Bush est le Pepin le bref ou du moins le Pépin d'héristal
du charlemagne à venir.
Vous voyez nous avons affaire à un conservatisme distingué
modeste pragmatique. Nous sommes entre réalistes. Nous n'aspirons
pas à l'impossible mais nous sommes convaincus que nous réaliserons
le possible. Vivent les bobos.
A
ce satisfecit modeste il faut opposer trois arguments
ou pour rester dans le bon ton disons qu'il faut complÉter ce pragmatisme
sur trois points, :
- D'abord, même si ce pragmatisme était réaliste,
il vaut encore mieux connaitre les forces profondes qui l'animent. Et
dans toutes les organisation que je viens de citer, on étudie la
théorie des jeux.
- Ensuite il est plus prudent de penser que ce pragmatisme n'est pas totalement
réaliste.. Qu'il ne faut pas se contenter d'un conservatisme de
façade, mais se demander comment on pourrait faire mieux, en profondeur.
- Enfin et surtout nous ici ce soir nous devons nous demander quelle est
la place des chrétiens dans cette galère, ou dans ce bateau
de plaisance..
Point III : Nous arrivons donc à ma these:
L'analyse
logique (de ce soir) et l'expérience historique millénaire
(dont je ne parlerai pas) montrent que
c'est le message chrétien qui rétablit sans arrêt
la cohérence du mécanisme d'échange entre individus.
Pour
étayer en un mot cette thèse, reformulons les deux éléments
constitutifs du Message Chrétien dans le langage de la théorie
des jeux.
1)
Le Christ est mort et ressuscité. Tel est le programme de chaque
Chrétien. Nous aussi, sans arrèt nous devons mourir sur
la croix et pour résusciter.
Dans
le contexte de la théorie des jeux, cela veut dire que je dois
m'ouvrir sans arrèt à mes rivaux égoiste. je dois
risquer de m'ouvrir à lui. (dans le business ou dans le mariage).
Je dois risquer de me faire piéger car la théorie des jeux
nous enseigne que si je me risque à lui faire confiance, il est
de son intéret égoiste de jouer le jeux de la coopération
plutot que le jeux de la rivalité. Et ensuite il m'incitera peut
ètre par son ouverture à m'ouvrir.
Le jeux consiste donc à remplacer une spirale de méfiance
par une spirale de confiance.
Même si je sais qu'il pourrait me faire des crasses au prochain
tour s'il estime utile de changer de strategie.
Le chrétien doit donc être une colombe au milieu des serpents
- je ne dois pas me faire des illusions, mais pour autant que je peux
je dois sans cesse tendre la main pour créer des liens.
Et C'est ainsi que je donne ma vie pour le développment des relations
(pour la création du système des échanges lui même).
Mais en donnant ma vie, je ressuscite également à un échange
plus productif , puisque je force mon cocontractant à entrer dans
des mécanismes plus clairs et plus directs. Toujours plus.
Je donne ma vie pour la vie du monde « « « « des
transactions.
La
capacité des chrétiens de se sacrifier sans arrèt
pour les mécréants (les rivaux d'en face) et ainsi de ressusciter
sans arrêt à des relations plus productives est l'énergie
qui fait fonctionner la machine solipsistique des échanges. La
logique chrétienne est le fuel, le catalyseur qui fait tourner
les échanges.
Mais
croyons nous vraiment que c"est notre expérience dominicale
qui est la source profonde de la capacité des chrétiens
de se sacrifier sans arrèt pour la création des liens?.
Nous sommes chrétiens, nous vivons de l"expérience
eurcharistique dominicale, nous ne sommes pas des Kantien Habermasien
voilà pourquoi nous pouvons nous sacrifier et ressusciter sans
arrèt.
N"est pas c"est çaVivre la mort et la ressurcetion du
Christ à chauque eucharistie????
2) Mais au niveau théorique il a plus »
Au Plus profond de lui même, le chrétien croit que la Réalité
est Trinitaire.
Quand nous parlons de Dieu nous parlons de la structure de la réalité.
Nous les chrétiens nous ne pensons pas que Dieu, que la réalité
est pas un monolithe solipsistique mais un nous croyons que la Réalité
est un système de relations.
La T Sainte Trinité est contituée de trois personnes autonomes
mais reprises dans un réseau d'échanges amoureux tellement
intense qu'il constituent une unité sans jamais cesser d'ètre
différents.
Nous le savons aussi : nous sommes de pauvres humains, de pales reflets
de la réalité divine :
Les personnes de la Très Ste Trinité sont simultanément
plus 'individualisées' que nous et plus 'liées d'amour'
que nous. Jamais les personnes humaines ne pourront être aussie
différentes et aussi unies.
Les hommes pécamineux, déficients, ne seront jamais capables
d'être pleinement des individus (car ils sont engoncées dans
leurs relations fusionnelles) et ils ne seront jamais capables de se lier
véritablement, car ils qne sont pas vraiment autonomes et pas vraiment
aimants.
C'est
pour cette raison profonde que la Bonne Nouvelle de notre libération
de la misère lie intimement Paques à la TS trinité.
Les chrétiens croient que d'aventure pascale en aventure pascale,
ils doivent aspirer sans arrèt à mettre en place de plus
en plus de Trinité. Et ceci évidemment dans leurs relations
avec les autres : ils le savent : personne n'a vu Dieu, on ne voit Dieu
qu'en regardant le Frère.
Retour à la modernité et au marché :
Le fuel chrétien fait marcher la machine des échanges
Mais il la fait marche conformément au génie du système.
L'amélioration du système des échanges n'est pas
imposé de l'extérieur mais produit de l'intérieur.
La modernité est en marche depuis des siècles comme ne cessent
de l'affirmer Max Weber et Marc Gauchet
Mais c'est l'idéal pascal qui constitue l' innovation fondamentale
de ce processus.
Une
innovation autrement plus efficace que les chemin de fer, l'électricité
ou les ordinateurs.
Deux conclusions :
I
la foi des chrétiens est le fuel qui fait marcher le petit moteur
individualiste
- en dépit de la nature égoiste de l'agent solipsistique
- mais conformément à la logique du système des échanges
Nous nous maintenons dans la réalité économique du
monde : pas de production sans échange et sans spécialisation
entre individus..
Pas étonnant donc que le système libéral se soit
développé en milieu chrétien durant les derniers
mil ans..
II
: on me dit souvent, pas besoin de Trinité, le personnalisme suffit.
Personne ne croit en la TST
Il faut s'entendre :
Si nous parlons de la structure du monde, comme le font les théoriciens
économiques et de la modernité, alors il faut parler leur
langue, la langue de la théorie
et opposer la conception trinitaire de la société à
la conception unitaire, monodéiste des Lumières et leur
solipsisme.
Si
nous voulons ètre pratico pratique nous pouvons parler de personnalisme
économique.
Mais ne confondons pas les niveaux de discours
J'ai
bien peur que le fond de l affaire est ailleurs : nous avons peur d'annoncer
la Bonne Nouvelle dans un monde scientifique. Il faut se demander pourquoi
nous nous débinons.
.
N'ayons pas peur de poser avec radicalité notre vision du monde
dans la discussion contemporaine.
Car
les modernes, Les économistes, incroyants ont besoin de notre vision
pour prendre leur propre humanité au sérieux.
Nous pouvons jouer deux jeux :
Nous débiner, et leur offrir la possibilité de se débiner
Mais Si nous sommes sérieux eux aussi doivent DEVENIR sérieux.
La théorie des jeux fonctionne
ils faut se mettre au défi
les uns les autres.
.
Les croyants et les incroyants ont partie liée.
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